Centre de jour Accueil Marie de l'Incarnation

L'historique

En 1978, Sœur Jeannette est approchée par une jeune maman célibataire, ayant besoin d’aide pour elle et son petit garçon.  A cette époque, Jeannette travaillait pour sa communauté comme cuisinière et administratrice;  pour la paroisse comme cheftaine dans les guides et également ministre de la communion auprès des malades à domicile.  Après plusieurs rencontres avec la jeune maman, une demande fut formulée comme ceci : « Jeannette, peux-tu faire quelque chose pour nous les mamans? » à ce moment-là, il y avait un petit réseau de trois jeunes mamans dont l’une se préparait à donner naissance. Ensemble, elles décidèrent de se réunir chez l’une puis chez l’autre pour jaser, fraterniser et créer des liens. Elles parlent de travail, d’école et d’enfants. Enfin, elles doivent préparer l’arrivée du petit à naître bientôt.

Comme les pièces sont petites dans les logements, sœur Jeannette obtient une salle avec l’accord du directeur du Pavillon Richelieu  afin de se réunir et travailler. Un soir par semaine, elle se rend au Pavillon avec les mères et le peu de matériel qu’elles ont. Malgré cela,  elles réussissent à préparer le trousseau du futur bébé. Celui-ci vit le jour le 5 décembre 1979.

Après une journée de travail, c’est très exigeant d’en faire autant le soir, surtout dans pareille circonstance  mais le besoin est là et Jeannette y croit. Que faire pour continuer? Jeannette risque de demander à sa responsable de Rimouski sœur Rita Roy de la libérer à temps plein pour se consacrer uniquement à sa nouvelle mission. Connaissant la générosité de la communauté, la réponse positive ne tarda pas à venir.

Un ami de sœur Jeannette lui conseille de faire une demande pour une salle à l’école St-Cœur de Marie car des locaux y sont disponibles pour une année.  Début octobre 1981, elles s’installent dans une salle de classe. Elles cherchent du matériel un peu partout. L’éducation des adultes leur prête un réfrigérateur, une planche à repasser, un fer et une machine à coudre. De bons amis leur fournissent des couchettes et un gros carrosse pour promener leurs petits. La commission scolaire les accommode  de tables et de chaises.

Comme le groupe de mamans augmente rapidement et que plusieurs retournent à l’école, il a fallu garder les enfants et préparer des ateliers avec les autres mamans. La salle étant trop petite, elles ont donc demandé une autre salle pour le repos des enfants. Enfin, elles ont l’essentiel pour travailler. Il faut beaucoup de vigilance car les enfants circulent et elles doivent faire le dîner sur un petit poêle de camping ou tout simplement manger froid. Heureusement aucun accident ne se produit. Quel pays de mission et que de plaisir aussi!  Un soir par semaine avec l’aide de bénévoles, elles ont des cours de cuisine, de couture et de macramé à la Polyvalente des Rives. Noël se fête dans la grande salle chez les sœurs Marie Réparatrice.

Au printemps 1982, elles doivent à nouveau chercher refuge ailleurs car il faut libérer les locaux à l’automne.  Peu de temps après, une salle se libère chez les sœurs Marie Réparatrice. Elles auront accès à cette salle lorsqu’elles quitteront l’école.

L’abbé Gaston Vachon qui demeurait dans le même immeuble venait souvent jaser avec l’une ou l’autre  et jouer avec les enfants, si bien que les enfants le surnommaient le « papa » du local.

Le projet vient du Seigneur et les besoins sont là. Les mamans sont bien ensemble et elles ont le goût de continuer. A chaque jour, Jeannette accueille les mamans et les enfants. Encore une fois, les locaux sont trop petits. Des enfants, il y en a partout, couchés par terre, il faut faire attention de ne pas les écraser car les bébés dorment  dans la même salle où les autres enfants s’amusent. Finalement Sœur Jeannette obtient une troisième salle qui devient la pouponnière.  Samedi le 30 avril 1983 après la messe l’abbé Gaston Vachon bénit les locaux.  À ce moment, après un long dialogue  sœur Jeannette décide de lancer un concours afin de trouver un nom pour le Centre. L’idée est venue de donner le nom de « l’Accueil Marie de l’Incarnation »  en raison de la mission du Centre puisque c’est Marie de l’Incarnation qui est la fondatrice de la communauté  des ursulines.

Quant à la sécurité, elle n’est pas conforme aux normes, le concierge leur rappelle que s’il se produisait un incendie, l’évacuation serait difficile dû à la non proximité de la porte et à l’impossibilité d’utiliser les fenêtres qui sont munies de barres de fer. Mais, elles sont sous la protection de Marie de l’incarnation, une confiance sans égale les soutient et tout se déroule bien. Enfin, une quatrième pièce se libère pour une cuisine, elles ont donc  un poêle et les articles dangereux sont éloigner, elles peuvent respirer mieux.

Pendant huit ans, sœur Jeannette vit différentes activités avec les mamans et les enfants : cours, sessions, fêtes et bien sûr elles voient au financement par la vente de pommes avec le Club Rotary, vente de pains avec le club richelieu, vente de pâtisserie et d’artisanat. Une demande de buffet surgit, c’est rentable et les voilà engagées, puisque les sœurs marie Réparatrice prêtent leur cuisine et les réfrigérateurs. Les mamans sont heureuses de servir surtout lors des mariages. Il y a des accouchements aussi bien la nuit que le jour et sœur Jeannette est là pour aider la maman et accueillir le bébé.

Quel plaisir un soir où par surprise une maman et une amie organisent un bal déguisé. Autre moment pas aussi heureux celui-là, quand un soir, un des enfants s’est caché pour ne pas entrer chez lui. Recherches, inquiétudes pendant un bon moment, cris, appels sans réponses puis l’œil maternel de Jeannette le découvre dans sa cachette mystérieuse : derrière  une porte à la noirceur s.v.p.  Quelle frousse!

Que dire des « partys » des fêtes, les mamans s’amusent en pyjama comme des enfants, sans alcool et les jeux se succèdent jusqu’aux petites heures du matin.

Après toutes ces années passées dans ces lieux, le groupe doit encore une fois se relocaliser ou tout simplement abandonner l’œuvre car les sœurs Marie Réparatrice vendent  la maison. Une date d’échéance est fixée : fin décembre 1988. Comme la maison des Ursulines située au 451 rue Marguerite est à vendre l’opportunité de l’acheter leur est offert et le projet d’une corporation se dessine. Le temps presse, décembre approche. Tout se met en place. Les ursulines consentent à vendre la maison pour l’œuvre avec de très bonnes conditions, la ville autorise l’achat et de bonnes ententes sont prises avec la compagnie d’assurances. Pendant tout le temps des fêtes, des ouvriers travaillent aux transformations exigées par les assurances : l’escalier, l’agrandissement des salles, l’ajout de lumières de sorties et de secours, portes paniques et peinture. Et voilà qu’à la mi-janvier, sœur jeannette est prête pour accueillir les bénéficiaires. Une maison à eux, quelle joie pour tout le monde! Les enfants sont divisés par groupe d’âges : les bouts de choux (18 mois-2 ans), les frimousses (2-3 ans) et les câlinours (4-5ans). Pour assurer un meilleur service, sœur Jeannette doit augmenter le personnel. Le nombre de personnes sur les projets extra est plus nombreux. Une religieuse de la communauté  vient donner une année pour formée une équipe avec Jeannette et les autres employées. La vie continue, une infirmière du CLSC s’ajoute au personnel une fois par semaine puis une fois par mois et faute de budget, le poste est coupé. Une travailleuse sociale vient sur demande et à l’occasion de personnes spécialisées offrent  des conférences ou des ateliers. De plus, le projet d’incorporation se réalise avec la maison Béthanie pour une durée de trois ans et le centre devient corporation « Accueil Marie de l’Incarnation » autonome le 17 octobre 1991.

Le 4 octobre 1989, Mgr Maurice Couture à l’intérieur d’une cérémonie spéciale d’inauguration bénit « l’Accueil Marie de l’Incarnation »

Le 17 août 1992, le conseil d’administration engage une première éducatrice spécialisée pour répondre aux besoins grandissants des enfants. Spécialement les 0-5 ans pour qui des programmes spécifiquement adaptés, seront mis à exécution, de plus l’éducatrice devra superviser les employées engagées sur des projets. Les tout-petits recevront donc les pré-requis pour leur entrée au scolaire. Enfin, le personnel respire mieux dû à cette nouvelle ressource tant désirée et comblée.

Des papas ayant la garde légale de leurs enfants demandent des services au Centre, ils sont les bienvenus; quelques uns participent aux sessions et font garder leurs enfants au Centre.

Une dame ayant le désir de se consacrer au Seigneur dans la communauté des Ursulines vient faire un stage et elle apporte donc son aide aussi bien aux enfants qu’aux mamans. Biens de beaux moments seront passés en sa présence et surtout, un Noël inoubliable.

Sœur Jeannette avec son équipe et ses bénéficiaires sont bien dans la maison et espèrent y demeurer longtemps. Dans les grands rassemblements; début d’année, fête de Noël, semaine de relâche, elles doivent trouver des salles plus grandes et profiter de ces moments pour créer d’avantage de liens : transport pour le camp St-Paul, partie de sucre, journée inoubliable en famille et journée pour les mamans seulement.

En mars 1994, une deuxième éducatrice spécialisée est engagée puisque la première est transférée sur le projet PACE afin de se consacrer spécialement auprès des enfants qui ont des difficultés d’apprentissage ou autres problèmes. Chaque éducatrice prépare son plan de travail et l’applique pour un meilleur fonctionnement. Pour le financement, le Centre bénéficie de l’aide de Centraide, du club Richelieu, de la régie régionale et du cercle Marie-Reine. Ce sont des ressources assurées. La période des fêtes suscite dans les cœurs un mouvement généreux de partage qui fait ouvrir les bourses mieux garnies : différents clubs sociaux, femmes de carrière, filles d’Isabelle, communauté des Ursulines, paroisse, Évêché et bien sûr PACE qui assure un salaire.

En 1996, une troisième éducatrice vient compléter l’équipe pour s’occuper des moins de deux ans. En juillet 1997, une religieuse s’ajoute à l’équipe pour devenir le bras droit de Jeannette.

Après tant d’années, la famille est grande. Plusieurs mères bénéficiaires ont quitté la région, d’autres se sont engagées dans le sacrement du mariage, il y en a même qui ont rejoint la maison du Père. Le passage de chacune au Centre reste toujours inscrit dans les registres officiels bien sûr, mais surtout dans le registre du cœur des personnes qui ont donné leur temps pour les accueillir, les aimer et les aider à cheminer avec leurs enfants.

20 ans çà se fête : En 1998, l’Accueil Marie de l'incarnation à 20 ans d’existence c’est un moment important pour les retrouvailles. Une fête est organisée avec beaucoup de soin, dont une célébration à l’église St-Sacrement avec la participation d’une cinquantaine d’enfants. Durant la célébration, le mime de la petite fleur de l’amitié et un magnifique gestuel sur le magnificat ont ému l’assistance. Le tout se termine sur une chaîne d’amitié tout autour de l’église. Par la suite, un souper et une soirée ont lieu à la Polyvalente des Rives. Soirée colorée de surprises dont le mariage d’une maman celle-ci vient faire une visite à minuit pour le dévoilement du logo « la mère et l’enfant ». Le lendemain des retrouvailles pour les enfants ont lieu également à la Polyvalente des Rives. Des rencontres aussi émouvantes çà donnent des ailes pour continuer.

La famille est toujours grandissante et les besoins sont très nombreux autant pour les enfants que pour les mamans. Pour les ateliers des enfants, quatre éducatrices et une monitrice sont au poste, une cuisinière et une ménagère complètent l’équipe. Le Centre est ouvert cinq jours semaine et ce douze mois par année. Après 25 ans, c’est une grande famille de plus de 600 mamans et mille cinq cents enfants qui ont fréquenté le Centre.

En l’an 2001, un dilemme se présente, il faut agrandir, vendre ou construire une maison plus grande. Mais attention les temps sont difficiles. Après une campagne de financement, il faut se résigner à demeurer au même endroit en faisant des améliorations pour un mieux vivre. Durant deux gros mois d’été des gens gentils  transforment les locaux et en septembre, les bénéficiaires et le personnel sont heureux, de la rénovation même s’il y a encore un manque d’espace, la maison leur appartient et il n’y a pas de dettes.

En 2003, nous fêtons notre 25ième anniversaire de fondation. Une messe d’action de grâces célébrée à la Cathédrale avec une chorale formée d’enfants du Centre, d’un gestuel et d’offrandes significatives voilà ce qui exprime l’élan du cœur de ceux qui donnent et de ceux qui reçoivent. Tout cela suivit d’un souper et d’une soirée à l’hôtel Hauterive, ce fût un beau rassemblement.  Voici en quoi ressemble le Centre après 25 ans : Une famille où il y a de la vie, de l’amour, de la tendresse, de la générosité, de l’accueil et de la fraternité.

Été 2006, un grand rêve se réalise par l’agrandissement de la maison. Deux nouvelles salles: dont l’une servira à l’allaitement, aux cours,  aux réunions, aux repos tandis que l’autre sera disponible pour l’entrepôt et la chambre froide. « La Fondation pour les jeunes mamans du Québec » et la caisse Desjardins ont assumé les frais de cette construction ce qui a permis la réalisation du projet.

Le personnel est maintenant formé de sept employées salariées, d’une directrice bénévole et de d’autres bénévoles occasionnels. Cinq personnes  siègent sur le conseil d’administration. Le nom des groupes a été modifié pour : les petits soleils (0-2 ans), les étoiles (2-3 ans) et les arcs en ciels (4-5 ans).

L’année 2006-2007 fût une année record pour  « l’Accueil Marie de l'Incarnation ». Avec jeunes mamans en grossesse de septembre à avril, dont quinze de 16 à 24 ans ont donné naissance à de fort jolis poupons.

Après 32 ans d’existence, le Centre est toujours aussi populaire. Nous avons accueilli mille deux cent cinquante mamans et deux mille cinq cent enfants ainsi qu’une dizaine de papas qui ont la garde des enfants.  L’âge des parents varie entre 16 et 40 ans. 

Les enfants que nous avons accueillis il y a 20 ans, sont nos parents d’aujourd’hui.

Nous continuons notre mission auprès des mamans en grossesse par les cours prénataux, l’accompagnement à l’accouchement, des ateliers et des rencontres pour renforcir les capacités parentales. Nous avons les visites à domicile et le service d’une thérapeute pour les personnes en grandes difficultés.

La fête de Noël est toujours une occasion de rejoindre un grand nombre de personnes. Il y a 70 et 80 enfants présents pour la fête de Noël des enfants et 40 à 45 mamans participent à la fête de Noël des mamans.

Nous avons également des activités de loisirs : pique-nique, voyages, quilles, marches, cinéma, spectacles etc…

Trois merveilleux voyages ont été réalisés en 2010 : visites à la cabane à sucre à Sacré cœur, Visite au Lac-St-Jean ainsi qu’un voyage en Gaspésie.  Nous prévoyons en faire plusieurs autres.

Le personnel est au nombre de 7 à 8 selon les besoins.  Le conseil est formé de cinq membres.  La directrice est toujours une bénévole et nous avons des bénévoles à l’occasion.

Depuis quelques jours, nous sommes dans notre 33ième année de fondation. Nous avons encore le cœur à l’ouvrage et notre objectif est toujours d’aider le plus grand nombre de mamans et d’enfants qui réclament notre aide.

Mises à jour : janvier 2011

 

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